Aller au contenu principal

En décembre on écoute ici et ailleurs...

Tous les mois, retrouvez la sélection musicale de Maxime consacrée à l'actualité musicale locale. Artistes, concerts, labels, ce qu'il faut écouter ici et un peu plus loin... 

 

1. SINCABEZA. Jeune étudiant à Bordeaux, au tournant du millénaire, j'ai découvert la scène musicale bordelaise émergente à travers des groupes tels, Nuer, Sincabeza ou Guimo. Le point commun entre ces groupes : Philippe Rey qui devenait à mes yeux un de ces musiciens exemplaires, discrets, intègres, curieux, passionnés, inventifs et talentueux. Au-delà de moi, Philippe a sans aucun doute participé à un certain rayonnement de la scène rock bordelaise avec ses projets que j'imagine, d'autres villes "rock" nous enviaient... Dans ce sens, il est important de réécouter Sincabeza sa formation Math-rock tortueuse, dotée d'un supplément d'âme et ses fulgurances mélodiques pudiques, cachées. La meilleure façon de rendre hommage à Philippe Rey, c'est ça : se replonger dans ses disques et s'attacher à la finesse et l'intelligence de sa musique. Au revoir Philippe.

Sincabeza

 

2. Nicolas Paugam. Si le boustrophédon est une écriture particulière dont le sens de lecture change de ligne en ligne, Nicolas Paugam est un chanteur hors sol dont l’originalité se confirme de disque en disque. On avait remarqué sa voix aiguë, voilée, et variablement juste ; son tropisme pour les musiques brésiliennes, pas si fréquent dans la chanson française ; son habileté de guitariste, encore plus rare… S’y ajoute, sur ce quatrième album, un goût prononcé pour les sonorités pop, esprit Beatles, et une parfaite maîtrise du genre. Quant aux textes, touffus, et qui sur les disques précédents méritaient déjà plusieurs écoutes pour qu’on en perce le sens, ils atteignent cette fois des mystères stratosphériques. Certes, Paugam chante assez clairement l’asphyxie des métropoles (Surmenage à Paris), le choc primal de sa naissance (La lumière est immense), la sensualité estivale (Exalem), mais il propose surtout d’étranges paraboles (Mon chou, délire pâtissier, En pantalon qui va bien, les mésaventures d’un… chasseur de lions), qui invitent au vagabondage. Encore et toujours hors cadre. (Source : Télérama). A découvrir sans faute chez l'ami Jean-Louis à La cour des Mureine à Bègles le 20 décembre

Nicolas Paugam

 

3. IDAHO. Talitres s'évertue à faire remonter à la surface, remettre en lumière des œuvres et des artistes qui, par on ne sait quelles conjonctures, sont passés trop rapidement sous les radars. C'est ce qu'avait déjà fait le label bordelais pour le magnifique album de Flotation Toy Warning. C'est ici encore le cas pour Idaho (Jeff Martin aux commandes) qui peu avant le XXIe siècle, au côté de groupes tels Low ou Sparklehorse, promettait au rock un avenir magnifiquement triste et splendidement lent... Sans succès. [...] Talitres réédite et grave pour la première fois en vinyle Hearts of Palm, sorti en 2000 et considéré par la poignée d’idahophiles comme un des disques les plus gris, lents et beaux (à pleurer) jamais enregistré. Attention, ce chef-d’œuvre fragile du slowcore n’est disponible qu’en petite quantité et il est déconseillé de trop l’écouter en cas de spleen prononcé. (Libération)

Idaho

 

4. COCKPIT. Grrrrr... Cockpit constitue un des minces espoirs bordelais de voir pour certains, le rock redevenir sulfureux et infréquentable... La recette n'est ici évidemment par nouvelle, mais quel délice ! Le bruit, l’électricité, la nonchalance juvénile, la fureur organique et moite ; tels sont les ingrédients qui font de Cockpit, les Dr Frankenstein du rock et nous font redevenir vivant. WE ARE ALIVE, ALIVE ! Leur album est sorti en 2018 chez Teenage Menopause et ils joueront Le 7 décembre au garage moderne avec Magnetix et Destination Lonely. 

Cockpit

 

5. TAHITI 80. Attention, dérèglement climatique ! Dans les années 90, Diabologum nous promettait De la neige en été. En 2018 et depuis 20 ans, les membres de Tahiti 80 favorisent quant à eux les coups de soleil en toute saison et d'autant plus en ce mois de décembre. Avec leurs mélodies imparables et leurs arrangements lumineux, le groupe de Rouen (culte au Japon) constitue le meilleur complément musical à notre cure de vitamines hivernale. Shorts, lunettes de soleil et débardeurs sont donc conseillés dans la cave de l'Iboat le 12 décembre... 

Tahiti80

Illustration de couverture : Benjamin Bonjour, Collection du Musée de la création Franche à Bègles.

 

 

La playlist de Maxime

Découvrez chaque mois une playlist musicale mettant l'accent sur les artistes, les labels locaux et les programmations des scènes régionales.

Focus Musique : Lizzy Mercier Descloux
Sélection musicale : Festival Musical Ecran 2021
Image
playlist décembre 2018